Un peu de racine

Publié le par noaR

"Excité d'un desir curieux,
cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux,
triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
qui brilloient au travers des flambeaux et des armes:
belle, sans ornements, dans le simple appareil
d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil."

Britannicus, Acte II scène 2, Jean Racine

"Hé bien! Régnez, cruel; contentez votre gloire:
je ne dispute plus. J' attendois, pour vous croire,
que cette même bouche, après mille serments
d'un amour qui devoit unir tous nos moments,
cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
m'ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n'écoute plus rien; et pour jamais, adieu.
Pour jamais! Ah! Seigneur, songez-vous en vous-même
combien ce mot cruel est affreux quand on aime?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
seigneur, que tant de mers me séparent de vous?
Que le jour recommence, et que le jour finisse,
sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus!
L' ingrat, de mon départ consolé par avance,
daignera-t-il compter les jours de mon absence?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts."

Bérénice, Acte IV scène 5, Jean Racine

"Dieux! Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts!
Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière,
suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière?"

Phèdre, Acte I scène 3, Jean Racine

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Publié dans Po&sie

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